À propos du Programme de la politique sur la ménopause pour le Canada
Renseignez-vous sur les sept priorités en matière de politiques énoncées dans le Programme de la politique sur la ménopause pour le Canada :
Des millions de femmes au Canada peinent à accéder à des soins liés à la ménopause essentiels et fondés sur des données probantes. L’un des principaux obstacles est que de nombreux professionnels de la santé n’ont pas l’éducation, la formation et la confiance nécessaires pour offrir du soutien et un traitement. Il ne s’agit pas d’une lacune de ces professionnels eux-mêmes. Les médecins et les infirmières praticiennes du Canada sont déjà surchargés. Le problème est systémique : la ménopause est une étape de la vie universelle, qui touche la moitié de la population, mais elle demeure en grande partie absente de l’éducation médicale, ce qui oblige de nombreux professionnels de la santé à se fier à des renseignements obsolètes. La majorité des soins liés à la ménopause doivent être prodigués au niveau des soins primaires; seuls les cas plus complexes sont orientés vers des spécialistes, dont les listes d’attente sont longues à l’heure actuelle. Le Canada doit renforcer ses capacités cliniques en matière de soins liés à la ménopause dans les domaines de la médecine familiale, de la gynécologie et des spécialités connexes.
Le manque de professionnels de la santé bien informés, les longs temps d’attente des spécialistes de la ménopause et la faible compréhension de la ménopause font que l’accès aux soins est difficile – une difficulté qui ne touche pas tout le monde de manière égale. La géographie et les parcours de soins fragmentés créent des obstacles qui touchent de façon disproportionnée les femmes dans les communautés rurales et éloignées. Ces lacunes sont encore plus marquées pour les femmes autochtones, les femmes noires et racisées, les nouvelles arrivantes, les personnes de genres divers, personnes handicapées, les personnes mal logées et les personnes à faible revenu¹˒ ²˒ ³.

La difficulté d’accès à des fournisseurs de soins liés à la ménopause qualifiés a entraîné une croissance spectaculaire des solutions à but lucratif en matière de ménopause. Les cliniques privées sont un symptôme de cette carence, et non le succédané qui y remédiera. L’accès d’une personne à des soins liés à la ménopause sécuritaires et fondés sur des données probantes ne devrait jamais dépendre de sa capacité de payer. Il s’agit de soins essentiels qui devraient être universellement accessibles.

  1. Boparai, J. K., Canning, J., Chan, K. et Wijayasinghe, S. (2026). Recognizing ethnic and cultural variation in menopause care. Canadian Family Physician, 72(7–8), 446–448. https://doi.org/10.46747/cfp.720708446
  2. Casey, R. (2015). Disability and unmet health care needs in Canada: A longitudinal analysis. Disability and Health Journal, 8(2), 173–181. https://doi.org/10.1016/j.dhjo.2014.09.010
  3. Brotto, L. A., Dobrer, S., Adshade, M., Booth, A., Dewar, K., Gustafson, K., Hsieh, C. L., Prestley, N., Santana Parrilla, J., Smith, L., Weir, S., Yong, P. J. et Ogilvie, G. (2026). A cross-sectional cohort study of menopause-related symptoms in British Columbia. Maturitas, 207, 108874. https://doi.org/10.1016/j.maturitas.2026.108874
Même lorsque les connaissances cliniques sont présentes, les obstacles financiers et structurels empêchent les médecins de fournir des soins de qualité en matière de ménopause. Les consultations complètes sur la ménopause nécessitent plus de temps pour évaluer des symptômes souvent étendus, discuter des options de traitement et élaborer des plans de soins personnalisés. Pourtant, les barèmes d’honoraires actuels ne rémunèrent pas adéquatement les médecins pour ces visites plus longues et plus complexes¹. Le système dissuade donc de fournir les soins dont les femmes ont besoin. Les structures de visites de courte durée signifient souvent que seul le symptôme le plus urgent est abordé, ce qui fait que le tableau plus large de la santé à mi-vie n’est pas examiné.

Le problème ne se limite pas aux soins primaires. La chirurgie gynécologique est moins rémunérée que les interventions comparables dans d’autres spécialités², ce qui éloigne les nouveaux diplômés de la spécialité dont les cas de ménopause complexe ont besoin.

  1. Palkhivala, A. (2026, 8 juillet). Lack of menopause care in Canada reflects systemic issues. Medscape News Canada. https://www.medscape.com/viewarticle/lack-menopause-care-canada-reflects-systemic-issues-2026a1000n25
  2. Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. (2024). Pourquoi les obstétriciennes-gynécologues canadiennes, pourtant majoritaires dans leur spécialité, sont-elles encore moins rémunérées que leurs collègues masculins? https://www.sogc.org/fr/content/featured-news/Pourquoi-les-obstetriciennes-gynecologues-canadiennes-sont-elles-encore-moins-remunerees.aspx

Des traitements sûrs et efficaces des symptômes de ménopause existent. Le problème, c’est l’accès. Le remboursement du traitement hormonal de la ménopause (THM), des options non hormonales et des traitements connexes varie d’une province ou d’un territoire à l’autre. En conséquence, de nombreuses personnes n’ont pas accès à une option abordable ou optimale, en fonction de leur lieu de résidence ou de ce que couvre leur régime privé, si elles en ont un.

Les obstacles vont au-delà des écarts de couverture. Certains des traitements les plus efficaces sont confrontés à des obstacles réglementaires et concernant la monographie. Les produits vaginaux contenant de l’œstrogène continuent d’être accompagnés de mises en garde encadrées obsolètes qui découragent la prescription et l’utilisation, malgré des preuves flagrantes de leur innocuité. La testostérone présente un défi différent : bien qu’elle soit utile pour traiter des symptômes particuliers chez certaines femmes, le Canada n’a pas de produit à base de testostérone dont la formulation ou le dosage convient aux femmes. La seule option régulée est une préparation à dose masculine que les femmes doivent ajuster elles-mêmes, ce qui est une solution de contournement imprécise et non conforme à la monographie.

De plus, alors que la gamme de traitements de la ménopause disponibles s’est élargie, y compris les nouvelles options hormonales et non hormonales qui offrent aux femmes plus de choix et une meilleure tolérabilité, la couverture publique et privée n’a pas suivi. Trop de femmes se voient prescrire des traitements plus anciens et moins appropriés, non pas parce qu’ils sont la meilleure option, mais parce qu’ils sont les seuls couverts par leur régime. En conséquence, les survivantes du cancer et d’autres personnes qui ne peuvent pas utiliser de THM n’ont pas accès à des traitements non hormonaux plus récents. Pour celles qui présentent une insuffisance ovarienne prématurée, l’hormonothérapie n’est pas un soulagement facultatif des symptômes – il s’agit d’un véritable remplacement qui protège leur santé cardiovasculaire, osseuse et cérébrale à long terme – mais les lacunes en matière de couverture mettent, une fois encore, ce traitement en péril.

Même lorsque le bon traitement est déterminé, il peut falloir des mois aux femmes pour commencer, renouveler ou ajuster quelque chose d’aussi commun que l’œstrogène vaginal. Les pharmaciens, souvent le point de service le plus accessible, demeurent un élément de solution sous-utilisé.

Les femmes représentent plus de la moitié de la population canadienne et près de la moitié de la population active. Pourtant, la science qui sous-tend leur santé pendant la ménopause souffre d’un sous-financement chronique. Une analyse évaluée par des pairs de 2025 portant sur 15 ans de financement des IRSC (de 2009 à 2023) a révélé que la recherche axée sur les femmes est demeurée stable à environ 7 % des demandes de subventions financées, la majorité d’entre elles étant consacrées à la recherche sur le cancer, tandis que la ménopause, la santé cardiovasculaire, la santé osseuse et le vieillissement en santé recevaient une attention minime¹.

Même dans ce bassin de financement restreint, les priorités sont asymétriques : la grossesse, qui occupe environ 1 % de la durée de vie d’une femme, a reçu plus de 30 % du financement (le montant le plus important), tandis que la ménopause, qui couvre près de 40 % de la vie d’une femme, en a reçu moins de 3 %². Cela reflète une priorisation systémique de la capacité de procréer par rapport aux expériences de santé générales qui façonnent la vie des femmes.

Cette lacune dans la recherche a des conséquences réelles. Les professionnels de la santé et les décideurs ne disposent pas des données nécessaires pour soutenir les femmes dans les transitions de mi-vie qui ont des répercussions à long terme sur leur santé cardiaque, osseuse et cérébrale.

Le Canada prend déjà des mesures pour renforcer sa capacité de recherche, notamment par une initiative de 1,7 milliard de dollars visant à attirer plus de 1 000 chercheurs internationaux et expatriés de premier plan. Parmi la première cohorte, 48 des 64 recrues les plus expérimentées provenaient d’établissements américains³˒ ⁴. Cela crée une occasion opportune de veiller à ce que la santé des femmes, y compris les principales lacunes en matière de données probantes qui touchent les femmes en milieu de vie, soit une priorité délibérée dans le programme de recherche du Canada plus généralement.

Le Canada devrait saisir cette occasion pour jouer un rôle de premier plan dans l’établissement de la base de données probantes dont les femmes, les cliniciens et les décideurs ont urgemment besoin.

  1. Gravelsins, L. L., Splinter, T. F. L., Mohammad, A., Blankers, S. A., Desilets, G. L. et Galea, L. A. M. (2025). Women’s health research funding in Canada across 15 years suggests low funding levels with a narrow focus. Biology of Sex Differences. https://doi.org/10.1186/s13293-025-00763-y
  2. Gravelsins, L. L., Splinter, T. F. L., Mohammad, A., Blankers, S. A., Desilets, G. L. et Galea, L. A. M. (2026). What gets funded shapes what we know: 15 years of Canadian women’s health research. Lancet Obstetrics, Gynaecology & Women’s Health. https://doi.org/10.1016/S3050-5038(26)00207-4
  3. Gouvernement du Canada. (2026, 27 août). Le gouvernement du Canada annonce les résultats de la première cohorte du Programme des chaires de recherche du Canada Eddie Goldenberg et du programme Leaders émergents Impact+ Canada. Gouvernement du Canada. https://www.canada.ca/fr/chaires-recherche/nouvelles/2026/08/le-gouvernement-du-canada-annonce-les-resultats-de-la-premiere-cohorte-du-programme-des-chaires-de-recherche-du-canada-eddie-goldenberg-et-du-progr.html
  4. The Canadian Press. (2026, 27 août). Canada recruits dozens of foreign scientists, researchers, poaching many from U.S. CityNews Vancouver. https://vancouver.citynews.ca/2026/08/27/canada-recruits-dozens-of-foreign-scientists-researchers-poaching-many-from-u-s/
Le Canada compte 5 millions de femmes de plus de 40 ans qui travaillent, soit le quart de la population active rémunérée. Les femmes de 45 à 55 ans, l’âge de la ménopause le plus fréquent, est le segment de femmes actives qui connaît la croissance la plus rapide. Les symptômes de ménopause non maîtrisés ont une incidence sur le travail des femmes : la perte s’élève chaque année à 540 000 jours de travail et 237 millions de dollars de productivité pour les employeurs canadiens¹.

Plus de 240 entreprises se sont jointes à la campagne Ménopause, au travail!MC de la Fondation canadienne de la ménopause (FMC), déclarant leur engagement à soutenir les employées tout au long de cette étape de leur vie.

Mais les progrès sont inégaux. Les petites organisations se retrouvent souvent sans ressources, outils ou conseils nécessaires pour créer des milieux inclusifs pour la ménopause au travail.

À une époque où le Canada se concentre sur la productivité et la croissance économique, le pays ne peut se permettre de perdre l’expérience, le leadership et la contribution économique de millions de femmes au plus fort de leur carrière et de leur vie professionnelle.

  1. Fondation canadienne de la ménopause. (2023). Ménopause et vie professionnelle au Canada [rapport]. https://fondationcanadiennedelamenopause.ca/menopause-et-vie-professionnelle-au-canada/
Bien que la ménopause soit une étape de vie universelle qui touche la moitié de la population, elle demeure mal comprise. Au Canada, une femme sur deux dit ne pas se sentir prête pour la ménopause, et moins d’une sur quatre dit en connaître les signes et les symptômes¹. Cette lacune en matière de connaissances peut retarder les soins et aggraver la stigmatisation, de sorte que des millions de femmes n’ont pas accès à une fenêtre unique pour protéger leur santé et s’épanouir au travail pendant leurs années les plus rémunératrices.

Les attitudes âgistes et les stéréotypes négatifs au sujet de la ménopause ajoutent à la stigmatisation. Les femmes ménopausées sont au sommet de leur vie et apportent des contributions importantes à la société. Il est indispensable de changer le discours sur cette étape de la vie de façon réfléchie. C’est la base des mesures que le Canada doit prendre maintenant.

  1. Fondation canadienne de la ménopause. (2022). Silence et stigmatisation : La ménopause au Canada [Rapport]. https://fondationcanadiennedelamenopause.ca/le-rapport-sur-la-menopause-au-canada/

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