La difficulté d’accès à des fournisseurs de soins liés à la ménopause qualifiés a entraîné une croissance spectaculaire des solutions à but lucratif en matière de ménopause. Les cliniques privées sont un symptôme de cette carence, et non le succédané qui y remédiera. L’accès d’une personne à des soins liés à la ménopause sécuritaires et fondés sur des données probantes ne devrait jamais dépendre de sa capacité de payer. Il s’agit de soins essentiels qui devraient être universellement accessibles.
- Boparai, J. K., Canning, J., Chan, K. et Wijayasinghe, S. (2026). Recognizing ethnic and cultural variation in menopause care. Canadian Family Physician, 72(7–8), 446–448. https://doi.org/10.46747/cfp.720708446
- Casey, R. (2015). Disability and unmet health care needs in Canada: A longitudinal analysis. Disability and Health Journal, 8(2), 173–181. https://doi.org/10.1016/j.dhjo.2014.09.010
- Brotto, L. A., Dobrer, S., Adshade, M., Booth, A., Dewar, K., Gustafson, K., Hsieh, C. L., Prestley, N., Santana Parrilla, J., Smith, L., Weir, S., Yong, P. J. et Ogilvie, G. (2026). A cross-sectional cohort study of menopause-related symptoms in British Columbia. Maturitas, 207, 108874. https://doi.org/10.1016/j.maturitas.2026.108874
Le problème ne se limite pas aux soins primaires. La chirurgie gynécologique est moins rémunérée que les interventions comparables dans d’autres spécialités², ce qui éloigne les nouveaux diplômés de la spécialité dont les cas de ménopause complexe ont besoin.
- Palkhivala, A. (2026, 8 juillet). Lack of menopause care in Canada reflects systemic issues. Medscape News Canada. https://www.medscape.com/viewarticle/lack-menopause-care-canada-reflects-systemic-issues-2026a1000n25
- Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. (2024). Pourquoi les obstétriciennes-gynécologues canadiennes, pourtant majoritaires dans leur spécialité, sont-elles encore moins rémunérées que leurs collègues masculins? https://www.sogc.org/fr/content/featured-news/Pourquoi-les-obstetriciennes-gynecologues-canadiennes-sont-elles-encore-moins-remunerees.aspx
Des traitements sûrs et efficaces des symptômes de ménopause existent. Le problème, c’est l’accès. Le remboursement du traitement hormonal de la ménopause (THM), des options non hormonales et des traitements connexes varie d’une province ou d’un territoire à l’autre. En conséquence, de nombreuses personnes n’ont pas accès à une option abordable ou optimale, en fonction de leur lieu de résidence ou de ce que couvre leur régime privé, si elles en ont un.
Les obstacles vont au-delà des écarts de couverture. Certains des traitements les plus efficaces sont confrontés à des obstacles réglementaires et concernant la monographie. Les produits vaginaux contenant de l’œstrogène continuent d’être accompagnés de mises en garde encadrées obsolètes qui découragent la prescription et l’utilisation, malgré des preuves flagrantes de leur innocuité. La testostérone présente un défi différent : bien qu’elle soit utile pour traiter des symptômes particuliers chez certaines femmes, le Canada n’a pas de produit à base de testostérone dont la formulation ou le dosage convient aux femmes. La seule option régulée est une préparation à dose masculine que les femmes doivent ajuster elles-mêmes, ce qui est une solution de contournement imprécise et non conforme à la monographie.
De plus, alors que la gamme de traitements de la ménopause disponibles s’est élargie, y compris les nouvelles options hormonales et non hormonales qui offrent aux femmes plus de choix et une meilleure tolérabilité, la couverture publique et privée n’a pas suivi. Trop de femmes se voient prescrire des traitements plus anciens et moins appropriés, non pas parce qu’ils sont la meilleure option, mais parce qu’ils sont les seuls couverts par leur régime. En conséquence, les survivantes du cancer et d’autres personnes qui ne peuvent pas utiliser de THM n’ont pas accès à des traitements non hormonaux plus récents. Pour celles qui présentent une insuffisance ovarienne prématurée, l’hormonothérapie n’est pas un soulagement facultatif des symptômes – il s’agit d’un véritable remplacement qui protège leur santé cardiovasculaire, osseuse et cérébrale à long terme – mais les lacunes en matière de couverture mettent, une fois encore, ce traitement en péril.
Même lorsque le bon traitement est déterminé, il peut falloir des mois aux femmes pour commencer, renouveler ou ajuster quelque chose d’aussi commun que l’œstrogène vaginal. Les pharmaciens, souvent le point de service le plus accessible, demeurent un élément de solution sous-utilisé.
Même dans ce bassin de financement restreint, les priorités sont asymétriques : la grossesse, qui occupe environ 1 % de la durée de vie d’une femme, a reçu plus de 30 % du financement (le montant le plus important), tandis que la ménopause, qui couvre près de 40 % de la vie d’une femme, en a reçu moins de 3 %². Cela reflète une priorisation systémique de la capacité de procréer par rapport aux expériences de santé générales qui façonnent la vie des femmes.
Cette lacune dans la recherche a des conséquences réelles. Les professionnels de la santé et les décideurs ne disposent pas des données nécessaires pour soutenir les femmes dans les transitions de mi-vie qui ont des répercussions à long terme sur leur santé cardiaque, osseuse et cérébrale.
Le Canada prend déjà des mesures pour renforcer sa capacité de recherche, notamment par une initiative de 1,7 milliard de dollars visant à attirer plus de 1 000 chercheurs internationaux et expatriés de premier plan. Parmi la première cohorte, 48 des 64 recrues les plus expérimentées provenaient d’établissements américains³˒ ⁴. Cela crée une occasion opportune de veiller à ce que la santé des femmes, y compris les principales lacunes en matière de données probantes qui touchent les femmes en milieu de vie, soit une priorité délibérée dans le programme de recherche du Canada plus généralement.
Le Canada devrait saisir cette occasion pour jouer un rôle de premier plan dans l’établissement de la base de données probantes dont les femmes, les cliniciens et les décideurs ont urgemment besoin.
- Gravelsins, L. L., Splinter, T. F. L., Mohammad, A., Blankers, S. A., Desilets, G. L. et Galea, L. A. M. (2025). Women’s health research funding in Canada across 15 years suggests low funding levels with a narrow focus. Biology of Sex Differences. https://doi.org/10.1186/s13293-025-00763-y
- Gravelsins, L. L., Splinter, T. F. L., Mohammad, A., Blankers, S. A., Desilets, G. L. et Galea, L. A. M. (2026). What gets funded shapes what we know: 15 years of Canadian women’s health research. Lancet Obstetrics, Gynaecology & Women’s Health. https://doi.org/10.1016/S3050-5038(26)00207-4
- Gouvernement du Canada. (2026, 27 août). Le gouvernement du Canada annonce les résultats de la première cohorte du Programme des chaires de recherche du Canada Eddie Goldenberg et du programme Leaders émergents Impact+ Canada. Gouvernement du Canada. https://www.canada.ca/fr/chaires-recherche/nouvelles/2026/08/le-gouvernement-du-canada-annonce-les-resultats-de-la-premiere-cohorte-du-programme-des-chaires-de-recherche-du-canada-eddie-goldenberg-et-du-progr.html
- The Canadian Press. (2026, 27 août). Canada recruits dozens of foreign scientists, researchers, poaching many from U.S. CityNews Vancouver. https://vancouver.citynews.ca/2026/08/27/canada-recruits-dozens-of-foreign-scientists-researchers-poaching-many-from-u-s/
Plus de 240 entreprises se sont jointes à la campagne Ménopause, au travail!MC de la Fondation canadienne de la ménopause (FMC), déclarant leur engagement à soutenir les employées tout au long de cette étape de leur vie.
Mais les progrès sont inégaux. Les petites organisations se retrouvent souvent sans ressources, outils ou conseils nécessaires pour créer des milieux inclusifs pour la ménopause au travail.
À une époque où le Canada se concentre sur la productivité et la croissance économique, le pays ne peut se permettre de perdre l’expérience, le leadership et la contribution économique de millions de femmes au plus fort de leur carrière et de leur vie professionnelle.
- Fondation canadienne de la ménopause. (2023). Ménopause et vie professionnelle au Canada [rapport]. https://fondationcanadiennedelamenopause.ca/menopause-et-vie-professionnelle-au-canada/
Les attitudes âgistes et les stéréotypes négatifs au sujet de la ménopause ajoutent à la stigmatisation. Les femmes ménopausées sont au sommet de leur vie et apportent des contributions importantes à la société. Il est indispensable de changer le discours sur cette étape de la vie de façon réfléchie. C’est la base des mesures que le Canada doit prendre maintenant.
- Fondation canadienne de la ménopause. (2022). Silence et stigmatisation : La ménopause au Canada [Rapport]. https://fondationcanadiennedelamenopause.ca/le-rapport-sur-la-menopause-au-canada/
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